Ce film est tiré d’une histoire vraie, celle de deux frères rivaux. L’un François est policier, l’autre Gabriel est un truand. L’histoire se passe à Lyon dans les années 70. Le flic est incarné par Guillaume Canet, tout en retenue. Le grand frère, celui qui a mal tourné, est joué par un François Cluzet en grande forme.
Gabriel est libéré après 10 ans de prison et son intention de se réinsérer sagement ne dure qu’un temps. Très vite il se remet à fanfaronner et à préférer l’argent facile. Pour le jeune frère, les ennuis recommencent. Les frasques de son aîné ont toujours influencé sa vie, bien malgré lui et aujourd’hui il doit de nouveau, et tant bien que mal, assumer ce lien honteux, particulièrement lourd à porter pour qui travaille à faire appliquer la loi.
Mais même si tout les oppose, ils s’aiment toujours comme deux frères.
Or c’est la nature même de ce lien, bivalent, mêlant l’amour à la haine, qui apporte la dimension tragique à ce récit. En effet il les conduira à la fin vers une issue fatale.
Autour de l’histoire tragique de cette rivalité tourne une pléiade de seconds rôles extrêmement bien campés et qui ont tous leur importance : l’ex femme de François, les jeunes femmes dont chaque frère est amoureux, la famille qui les entoure, leurs collègues et amis. Tous ces personnages contribuent à donner une dimension humaine supplémentaire à ce drame fraternel.
Le sujet pourrait faire penser à La nuit nous appartient, le dernier film de James Gray. Mais le film américain s’apparentait une tragédie épique, quelque chose de grandiose, de shakespearien. Ici, le film de Jaques Maillot est tourné de façon plus intime. Il s’agit de peindre simplement un drame familial sans jugement ni manichéisme. Et c’est fort réussi.