ZOLA DOIT SE
RETOURNER DANS SA TOMBE..
J’écoute les informations à la radio ce matin, et je suis dégoûtée, comme pris de nausée. Une immense lassitude s’empare de moi. Passe encore les guerres à l’autre bout de la planète, passe les dictateurs des îles lointaines, mais chez nous, dans un pays qui se veut démocratique, les grands chefs d’industrie multiplient leur salaire par 3 ou 4, sans vergogne, quand ils payent une misère leurs salariés.
La paye des ouvriers et des salariés des sociétés de service ne peut même plus les faire vivre dignement. L’idée même de gagner un salaire suffisant pour vivre dignement ne semble plus effleurer personne, l’utilité sociale du salaire sombre dans l’oubli. A quand la nécessité d’avoir deux emplois pour survivre ?
Ce matin, j’entends aux infos qu’un chef d’entreprise achète par une prime dérisoire (1000 €) l’engagement de la part de ses salariés qu’ils ne feront pas grève. Je repense à Germinal de Zola, aux grandes grèves ouvrières du 19°, aux inégalités profondes qui séparaient l’élite et la masse des gens à cette époque.
Aujourd’hui, sommes-nous en train de revenir au 19°? Je le crains : moins de sécurité sociale, moins de congés payés, moins de droit de grève, moins de service public. Bientôt les vieux feront des « menus » travaux pour compléter leur retraite dérisoire. Ce sont eux qui nettoieront les voitures aux feux rouges, eux qui distribueront les journaux dans nos boites aux lettres etc..et on vous dira que c’est mieux pour eux, que ça les maintient en forme, insérés dans la société…
A quoi servent la solidarité et le civisme ? A rien. Financièrement ça ne rapporte rien. Car le bonheur des gens et de la masse, soyons cyniques, mais réalistes, ça n’apporte aucun avantage aux grands de ce monde.
Allez, c’est reparti pour un tour…
Suis dégoûtée.