Quatre ans après Violence des échanges en milieu tempéré, le réalisateur Jean-Marc Moutout, aborde un nouveau sujet de société : la solitude amoureuse des citadins. Son précédent film traitait de la dure réalité du monde du travail actuel, des licenciements en masse et des travers de la mondialisation. Ce film -ci traite un autre aspect de nos vies modernes : les nouveaux modes de relations amoureuses imposées par une société de consommation et de productivité.
Il faut d’emblée souligner le jeu toute en finesse d’Elsa Zilbertsein, qui incarne l’héroïne, Eloise, une brillante clerc de notaire, jolie, sympa, classe et « pourtant » seule.
Impossible donc de juger la célibataire, ce n’est ni une névrosée, ni une Bridget Jones, ni une de « sex and the city ». Simplement une battante, mais juste ce qu’il faut. Elle non plus, n’a pas d’écailles sous la peau.
Nous la suivons à travers ses tentatives de rencontrer un homme, en particulier les speed dating, qui l’angoissent autant que vous et moi. Nous la regardons sombrer dans la déprime et les vertiges de la solitude. Nous compatissons.
Mais, pour autant quelque chose nous retient.
Car ce film est avant tout une réflexion sur notre monde moderne et Eloise un cas représentatif d’une réalité sociale contemporaine.
Mais quel est le propos du film exactement ? Représenter une société qui déshumanise les rencontres, montrer à quel point elle nous plonge dans l’anonymat, à quel point elle utilise la misère humaine comme un bien de consommation.
Et de fait, ce film qui dénonce certes avec justesse cette « fabrique » des sentiments s’apparente parfois à un long discours sociologique. Si « Violence des échanges… » avait un scénario qui rendait son propos plus dynamique, ce film-ci pêche par un excès de formalisme.
L’intrigue reste assez convenue. Tout cela manque d’émotion. Et ce, malgré le jeu des acteurs tout à fait juste.
Le sujet s’y prêtait pourtant. Sans doute que le réalisateur n’a pas voulu profiter de cette facilité : émouvoir le spectateur de la solitude de notre princesse moderne. Moi, quand même, j’étais prête à sortir mon mouchoir. Dommage.