Après L’AUBERGE ESPAGNOLE qui se situait à Barcelone, après LES POUPEES RUSSES qui nous amenaient en Russie, voici PARIS qui comme son titre l’indique se passe dans notre belle capitale.
Le réalisateur continue dans la veine du film chorale. Ce n’était peut-être pas une excellente idée car nous sommes parfois un peu perdus devant cette galerie de portraits et nous n’avons pas toujours le temps de nous attacher à certains personnages.
Néanmoins, une intrigue principale et émouvante se noue entre Pierre, joué par Romain Duris, danseur malade du cœur en attente d’une greffe et sa sœur, la magistrale Juliette Binoche, qui le soutient. Paradoxalement, c’est lui qui lui apprend à profiter de la vie, elle qui, en bonne assistante sociale, ne se consacre plus qu’aux autres.
Au second plan, une pléiade de personnages déambule dans cette ville mythique. Des personnages venus de tous horizons sociaux : un prof de fac tombe amoureux d’une jolie étudiante, de jeunes bourgeoises éméchées terminent leur nuit avec des gars des halles, une boulangère poujadiste embauche une beurette qui s’avère être une excellente travailleuse etc.. Certains personnages se croisent, d’autres non. Certains évoluent, d’autres pas.
Mais tous contribuent à développer une vision oecuménique du genre humain. Les halles de Rungis en étant le symbole, car c’est là que (dixit un personnage), les oranges d’Israël et les clémentines palestiniennes vivent côte à côte, en paix. A bon entendeur…
Et si jamais le message de paix universelle implicite n’avait pas été saisi, à la fin du film le personnage de Romain Duris se charge de nous le rappeler. Dans le taxi qui l’amène à l’hôpital pour sa transplantation cardiaque, il regarde les gens marcher dans la rue et regrette : « ils savent pas la chance qu’ils ont, ils marchent, ils respirent, ils courent…je les envie ».
Le message est donc très clair, il s’agit de quelque chose comme « aimez vous les uns les autres » ou « la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie », ou encore Carpe Diem. Sans compter que lorsqu’un meurt, un autre naît.
Certes. On ne peut rien dire là-dessus, tout le monde tombera d’accord, mais le message aussi juste soit-il, est exprimé trop lourdement..
Par contre la BO crée un véritable lien entre les numéros d’acteurs, et de façon plus légère.
D’autres part, certaine séquences nous touchent : comme par exemple, celles avec Juliette Binoche qui s’ouvre à l’amour, les scènes de la boulangère hystérique jouée par Karin Viard sont amusantes, de même les séances de Fabrice Lucchini chez le psy.
On aurait pu se consoler en appréciant la peinture de la ville qui en est faite. Peu à peu Paris n’est plus seulement un décor mais devient aussi un sujet du film. Malheureusement il nous est vite montré une capitale de carte postale, quasi publicitaire : le Paris touristique de Montmartre, le Paris des étudiants et du quartier de la Sorbonne, les grands boulevards en construction etc
On se demande donc si l’objectif secret de ce film ne serait pas de s’exporter, de représenter le cinéma français, bien de chez nous. Un nouvel « Amélie Poulain », un autre « La Mome », bref un film pour les Oscars.
Vous me direz que j’ai mauvais esprit. Soit. Disons alors plus simplement que ce film bien que distrayant, m’a paru globalement surfait. La fresque tombe à l’eau. Sans doute par excès d’ambition de la part du réalisateur. Le film aurait gagné à être moins démonstratif, plus intimiste, bref à faire davantage confiance en la capacité de compréhension du spectateur.

