PARIS de CEDRIC KLAPISH.  (CRITIQUE CINEMA) posté le dimanche 02 mars 2008 17:44

 

Après L’AUBERGE ESPAGNOLE qui se situait à Barcelone, après LES POUPEES RUSSES qui nous amenaient en Russie, voici PARIS qui comme son titre l’indique se passe dans notre belle capitale.

 

Le réalisateur continue dans la veine du film chorale. Ce n’était peut-être pas une excellente idée car nous sommes parfois un peu perdus devant cette galerie de portraits et nous n’avons pas toujours le temps de nous attacher à certains personnages.

Néanmoins, une intrigue principale et émouvante se noue entre Pierre, joué par Romain Duris, danseur malade du cœur en attente d’une greffe et sa sœur, la magistrale Juliette Binoche, qui le soutient. Paradoxalement, c’est lui qui lui apprend à profiter de la vie, elle qui, en bonne assistante sociale, ne se consacre plus qu’aux autres.

 

Au second plan, une pléiade de personnages déambule dans cette ville mythique. Des personnages venus de tous horizons sociaux : un prof de fac tombe amoureux d’une jolie étudiante, de jeunes bourgeoises éméchées terminent leur nuit avec des gars des halles, une boulangère poujadiste embauche une beurette qui s’avère être une excellente travailleuse etc.. Certains personnages se croisent, d’autres non. Certains évoluent, d’autres pas.

 

Mais tous contribuent à développer une vision oecuménique du genre humain. Les halles de Rungis en étant le symbole, car c’est là que (dixit un personnage), les oranges d’Israël et les clémentines palestiniennes vivent côte à côte, en paix. A bon entendeur…

Et si jamais le message de paix universelle implicite n’avait pas été saisi, à la fin du film le personnage de Romain Duris se charge de nous le rappeler. Dans le taxi qui l’amène à l’hôpital pour sa transplantation cardiaque, il regarde les gens marcher dans la rue et regrette : « ils savent pas la chance qu’ils ont, ils marchent, ils respirent, ils courent…je les envie ».

 

Le message est donc très clair, il s’agit de quelque chose comme « aimez vous les uns les autres » ou « la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie », ou encore Carpe Diem. Sans compter que lorsqu’un meurt, un autre naît.

Certes. On ne peut rien dire là-dessus, tout le monde tombera d’accord, mais le message aussi juste soit-il, est exprimé trop lourdement..

 

Par contre la BO crée un véritable lien entre les numéros d’acteurs, et de façon plus légère.

D’autres part, certaine séquences nous touchent : comme par exemple, celles avec Juliette Binoche qui s’ouvre à l’amour, les scènes de la boulangère hystérique jouée par Karin Viard sont amusantes, de même les séances de Fabrice Lucchini chez le psy.

 

On aurait pu se consoler en appréciant la peinture de la ville qui en est faite. Peu à peu Paris n’est plus seulement un décor mais devient aussi un sujet du film. Malheureusement il nous est vite montré une capitale de carte postale, quasi publicitaire : le Paris touristique de Montmartre, le Paris des étudiants et du quartier de la Sorbonne, les grands boulevards en construction etc

 

On se demande donc si l’objectif secret de ce film ne serait pas de s’exporter, de représenter le cinéma français, bien de chez nous. Un nouvel « Amélie Poulain », un autre « La Mome », bref un film pour les Oscars.

Vous me direz que j’ai mauvais esprit. Soit. Disons alors plus simplement que ce film bien que distrayant, m’a paru globalement surfait. La fresque tombe à l’eau. Sans doute par excès d’ambition de la part du réalisateur. Le film aurait gagné à être moins démonstratif, plus intimiste, bref à faire davantage confiance en la capacité de compréhension du spectateur.

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LES LIENS DU SANG, DE JACQUES MAILLOT  (CRITIQUE CINEMA) posté le vendredi 22 février 2008 15:17

 

Ce film est tiré d’une histoire vraie, celle de deux frères rivaux. L’un François est policier, l’autre Gabriel est un truand. L’histoire se passe à Lyon dans les années 70. Le flic est incarné par Guillaume Canet, tout en retenue. Le grand frère, celui qui a mal tourné, est joué par un François Cluzet en grande forme.

 

Gabriel est libéré après 10 ans de prison et son intention de se réinsérer sagement ne dure qu’un temps. Très vite il se remet à fanfaronner et à préférer l’argent facile. Pour le jeune frère, les ennuis recommencent. Les frasques de son aîné ont toujours influencé sa vie, bien malgré lui et aujourd’hui il doit de nouveau, et tant bien que mal, assumer ce lien honteux, particulièrement lourd à porter pour qui travaille à faire appliquer la loi.

 

Mais même si tout les oppose, ils s’aiment toujours comme deux frères.

Or c’est la nature même de ce lien, bivalent, mêlant l’amour à la haine, qui apporte la dimension tragique à ce récit. En effet il les conduira à la fin vers une issue fatale.

 

Autour de l’histoire tragique de cette rivalité tourne une pléiade de seconds rôles extrêmement bien campés et qui ont tous leur importance : l’ex femme de François, les jeunes femmes dont chaque frère est amoureux, la famille qui les entoure, leurs collègues et amis. Tous ces personnages contribuent à donner une dimension humaine supplémentaire à ce drame fraternel.

 

Le sujet pourrait faire penser à La nuit nous appartient, le dernier film de James Gray. Mais le film américain s’apparentait une tragédie épique, quelque chose de grandiose, de shakespearien. Ici, le film de Jaques Maillot est tourné de façon plus intime. Il s’agit de peindre simplement un drame familial sans jugement ni manichéisme. Et c’est fort réussi.

 

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1000 € pour revenir au temps de ZOLA.  (BILLET D'HUMEUR) posté le mercredi 20 février 2008 09:01

 ZOLA DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE..

J’écoute les informations à la radio ce matin, et je suis dégoûtée, comme pris de nausée. Une immense lassitude s’empare de moi. Passe encore les guerres à l’autre bout de la planète, passe les dictateurs des îles lointaines, mais chez nous, dans un pays qui se veut démocratique, les grands chefs d’industrie multiplient leur salaire par 3 ou 4, sans vergogne, quand ils payent une misère leurs salariés.

La paye des ouvriers et des salariés des sociétés de service ne peut même plus les faire vivre dignement. L’idée même de gagner un salaire suffisant pour vivre dignement ne semble plus effleurer personne, l’utilité sociale du salaire sombre dans l’oubli. A quand la nécessité d’avoir deux emplois pour survivre ?

Ce matin, j’entends aux infos qu’un chef d’entreprise achète par une prime dérisoire (1000 €) l’engagement de la part de ses salariés qu’ils ne feront pas grève. Je repense à Germinal de Zola, aux grandes grèves ouvrières du 19°, aux inégalités profondes qui séparaient l’élite et la masse des gens à cette époque.

Aujourd’hui, sommes-nous en train de revenir au 19°? Je le crains : moins de sécurité sociale, moins de congés payés, moins de droit de grève, moins de service public. Bientôt les vieux feront des « menus » travaux pour compléter leur retraite dérisoire. Ce sont eux qui nettoieront les voitures aux feux rouges, eux qui distribueront les journaux dans nos boites aux lettres etc..et on vous dira que c’est mieux pour eux, que ça les maintient en forme, insérés dans la société…

 

A quoi servent la solidarité et le civisme ? A rien. Financièrement ça ne rapporte rien. Car le bonheur des gens et de la masse, soyons cyniques, mais réalistes, ça n’apporte aucun avantage aux grands de ce monde.

Allez, c’est reparti pour un tour…

Suis dégoûtée.  

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MARCEL RUFO A LA RESCOUSSE DES PROFS.  (BILLET D'HUMEUR) posté le mardi 19 février 2008 18:13

Pour ceux qui ne connaissent pas Marcel Rufo, il est un éminent spécialiste de l'adolesence, un pédopsychiatre qui vient du Sud de la France, ne mache pas ses mots, un vrai disciple de Françoise Dolto ! reconnu entre autres pour son travail contre l'anorexie.

Enfin un adulte qui prend ses responsabilités !

Comme vous le voyez, je suis FAN!

;-) 

 

PS: Je vous renvoie au site de la Fnac pour ses parutions : 

  http://www3.fnac.com/search/quick.do?posted=false&filter=0&text=Rufo&category=book&subcategory=1

 

 

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LA FABRIQUE DES SENTIMENTS, De Jean-Marc MOUTOUT.  (CRITIQUE CINEMA) posté le lundi 18 février 2008 19:14

Quatre ans après Violence des échanges en milieu tempéré, le réalisateur Jean-Marc Moutout, aborde un nouveau sujet de société : la solitude amoureuse des citadins. Son précédent film traitait de la dure réalité du monde du travail actuel, des licenciements en masse et des travers de la mondialisation. Ce film -ci traite un autre aspect de nos vies modernes : les nouveaux modes de relations amoureuses imposées par une société de consommation et de productivité.

 

Il faut d’emblée souligner le jeu toute en finesse d’Elsa Zilbertsein, qui incarne l’héroïne, Eloise, une brillante clerc de notaire, jolie, sympa, classe et « pourtant » seule.

Impossible donc de juger la célibataire, ce n’est ni une névrosée, ni une Bridget Jones, ni une de « sex and the city ». Simplement une battante, mais juste ce qu’il faut. Elle non plus, n’a pas d’écailles sous la peau.

Nous la suivons à travers ses tentatives de rencontrer un homme, en particulier les speed dating, qui l’angoissent autant que vous et moi. Nous la regardons sombrer dans la déprime et les vertiges de la solitude. Nous compatissons.

 

Mais, pour autant quelque chose nous retient.

Car ce film est avant tout une réflexion sur notre monde moderne et Eloise un cas représentatif d’une réalité sociale contemporaine.

Mais quel est le propos du film exactement ? Représenter une société qui déshumanise les rencontres, montrer à quel point elle nous plonge dans l’anonymat, à quel point elle utilise la misère humaine comme un bien de consommation.

Et de fait, ce film qui dénonce certes avec justesse cette « fabrique » des sentiments s’apparente parfois à un long discours sociologique. Si « Violence des échanges… » avait un scénario qui rendait son propos plus dynamique, ce film-ci pêche par un excès de formalisme.

L’intrigue reste assez convenue. Tout cela manque d’émotion. Et ce, malgré le jeu des acteurs tout à fait juste.

 

Le sujet s’y prêtait pourtant. Sans doute que le réalisateur n’a pas voulu profiter de cette facilité : émouvoir le spectateur de la solitude de notre princesse moderne. Moi, quand même, j’étais prête à sortir mon mouchoir. Dommage.

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